ORHY UN PALMARES

Son fait d’armes, si l’on peut s’exprimer ainsi, elle l’aura réalisé le 19 et 20 août 2005, à presque sept ans, en se classant deux jours de suite au CACT, en couple sur perdreaux gris de montagne. En principe elle n’aurait pas du être en compétition, car j’estimais qu’elle en avait déjà assez fait. Les circonstances ont voulu que…. Elle était certainement en forme moins explosive que les trois années précédentes, mais possédait une grande maîtrise de tous les paramètres des concours de montagne. Le premier jour elle nous montra toute sa ténacité en pistant durant de longues minutes, dans une pente ensoleillée, les émanations d’un couple de perdreaux, dont la présence me paraissait, à moi, plutôt improbable. En fait les oiseaux étaient dissimulés, dans un creux, sous une voûte de hautes fougères, d’où toutes émanations avaient le plus grand mal à s’évader. Un prise de point hors de vue, car sous les fougères, un coulé prudent mais interminable et crispant pour les nerfs du conducteur, parfaite sagesse à l’envol et au feu ; je pouvais la raccrocher. Lors du commentaire des résultats, le juge principal, répéta à deux reprises que le C.A.C.T. était complètement mérité, comme pour rappeler à l’assistance que pour trouver le gibier, un pistage abouti, fait partie de la panoplie des moyens autorisés par le standard de travail des races continentales.
Second jour, décors similaire, mais changement de style. A plus de cent mètres, nez au vent, elle prend connaissance d’émanations ténues, elle continue à se positionner calmement, indique très fermement une présence. A l’ordre elle se précipite pour bloquer, change de position pour avoir les émanations, de plein vent et attend que je vienne la servir. Une grosse compagnie est mise à l’envol par son partenaire de couple et lui passe sur la tête ; elle ne bronche pas. De toute l’approche elle n’aura pas posé le nez par terre, à l’inverse de la veille. Elle se sera adaptée aux circonstances.
Elle aura justifié un jugement, d’un professionnel dont elle venait d’affronter le champion, sur ces mêmes terrains, deux ou trois années auparavant : « Une grande chienne !»
En fait, je l’ai toujours dit, elle n’était certainement pas la plus brillante de sa génération, j’en connais au moins deux qui l’étaient plus qu’elle. Elle aura eu pourtant le palmarès le plus étoffé, son carnet de travail montre qu’elle a marqué sur tous les terrains et tous les gibiers. Ceci ne veut pas dire qu’elle était exempte de tous défauts. Notamment et c’était un peu la contrepartie de sa ténacité, lorsqu’elle pistait, la bécasse surtout, elle ne levait pas la tête, comme le faisait régulièrement LUTIN. Elle se rapprochait donc, sans situer exactement l’oiseau, ce qui m’a valu deux ou trois tapes sur des parcours à C.A.C.T. Ceci était un inconvénient mineur à la chasse, car le gibier pisté se levait à portée de tir. Globalement toutefois, il y avait chez elle un grand équilibre des trois qualités citées plus haut, avec prédominance de l’intelligence, le tout desservi par des qualités physiques remarquables. ORHY est une chienne, de taille moyenne, extrêmement athlétique et tonique, totalement exempte de dysplasie. Elle est facile à vivre, même si à cause d’un caractère fort, il faut lui rappeler périodiquement, que le conducteur existe. En fait un sujet que tout dresseur souhaite avoir dans son camion et tout chasseur comme compagnon. Il n’empêche que pour moi, la véritable « bête de chasse », la référence absolue, en tant que trouveur, bien avant sa fille est pour le moment LUTIN .